Tourbières, bas-marais et landes humides

  1. Présentation du milieu
  2. Accès aux fiches espèces des tourbières, bas-marais et landes humides

Présentation du milieu

Ces milieux se développent dans des zones où les apports d’eau compensent ou dépassent les pertes générées par évapotranspiration, absorption par les plantes ou écoulement.

La particularité des tourbières est liée aux horizons organiques qui composent leur sol. En effet, l’engorgement en eau est tel que le milieu est asphyxiant et peu de micro-organismes peuvent s’y établir. La matière organique se décompose donc très lentement et s’accumule pour former de la tourbe. C’est un processus très lent et les tourbières mettent plusieurs centaines d’années pour se former, ce qui en fait des milieux fragiles. Une tourbière se reconnait à une épaisseur de tourbe de 30 à 40 cm minimum (si ce critère n’est pas rempli, il s’agit d’une zone dite para-tourbeuse). Ces milieux sont également dominés par le genre Sphagnum (les sphaignes). Il s’agit de bryophytes (mousses) qui peuvent retenir de grandes quantités d’eau dans leurs tissus et qui sont caractéristiques de ces habitats humides. De manière générale, les plantes qui poussent sur cet habitat se sont adaptées aux conditions particulières qui y règnent : petite taille, prélèvement d’azote par capture d’insectes (Drosera sp., Pinguicula sp.). Les tourbières nécessitent un climat frais et humide pour se développer, ainsi, on les trouve surtout à moyenne et haute altitude dans notre région.

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Butte de sphaignes typique des tourbières bombées
Photo : M. Menand
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Tourbière vue de près (les feuilles rouges à gauche sont des droséras)
Photo : M. Menand

Il en existe deux grands types :

• Les tourbières bombées qui sont essentiellement alimentées en eau par les précipitations. L’accumulation de tourbe est particulièrement importante dans ces milieux et peut atteindre 10 m. Ce sont des habitats acides et pauvres en minéraux qui rassemblent des conditions contraignantes pour les êtres vivants. Les Ericacées et les sphaignes sont dominantes. D’un point de vue faunistique, de nombreux arthropodes spécialisés peuvent se rencontrer sur les tourbières bombées ainsi que des amphibiens et le lézard vivipare, adapté aux conditions froides et humides.

• Les bas-marais qui sont, quant à eux, liés à d’autres types d’alimentation en eau (ruisseaux, lacs, sources…) et sont majoritairement colonisés par les Cyperacées. La circulation de l’eau peut se faire en surface ou dans le sol. Le développement de ces milieux est directement lié à l’ensemble du bassin versant qui l’alimente en eau. Les bas marais se concentrent généralement sur des surfaces réduites. Beaucoup d’invertébrés se sont spécialisés pour vivre dans ces milieux particuliers. Ce type d’habitat est beaucoup plus répandu que le précédent dans la région. L’apparition, le développement et le maintien des tourbières sont liés à plusieurs paramètres : le bilan hydrique, la température (qui a un effet sur l’évapotranspiration et la minéralisation de la matière organique), la topographie (importante pour l’accumulation de l’eau), les caractéristiques physiques et chimiques du milieu (perméabilité de la roche, acidité), ainsi que des facteurs écologiques.

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Tourbière dans les Monts de Lacaune
Photo : M. Menand
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Tourbière dans l’Aubrac
Photo : M. Menand
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Tourbière dans les Pyrénées
Photo : M. Menand
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Bas-marais des Pyrénées
Photo : M. Menand
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Bas-marais des Pyrénées à scirpe cespiteux
Photo : M. Menand
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Bas-marais des Pyrénées à laîche noire
Photo : M. Menand

Les tourbières sont menacées par de multiples facteurs tels que le réchauffement climatique, le drainage, la fermeture des milieux (colonisation par des saules par exemple), les prélèvements d’eau, les apports de fertilisants et de pesticides… En Midi-Pyrénées on compte environ 1500 ha de zones tourbeuses tous types confondus. Elles sont surtout localisées dans les zones de montagne (Pyrénées, Montagne Noire, Monts de Lacaune, Aubrac…).

Les landes humides se forment dans des zones propices à l’accumulation d’eau (dépressions topographiques, à proximité de tourbières…) sur des substrats généralement pauvres en éléments nutritifs. Elles sont surtout localisées à faible ou moyenne altitude sous climat humide. Le sol acide y est principalement engorgé en période hivernale. La végétation est dominée par les Ericacées (Erica tetralix notamment), la molinie bleue (Molinia caerulea) et diverses bryophytes. Il existe une dynamique naturelle qui conduit à la fermeture de ces milieux par l’envahissement des saules et des bouleaux. Il est possible d’y remédier grâce au pâturage. D’autres menaces comme le drainage ou les apports de fertilisants peuvent entrainer la disparition de cet habitat. Les landes humides sont assez peu représentées dans la région, et on les rencontre surtout dans des zones à influence atlantique.

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Lande humide à bruyère à 4 angles et ajonc nain
Photo : M. Menand
Texte rédigé par Agathe Verzeni
Dernière mise à jour : 29/11/2016

Sources :
- Manneville O., Vergne V. & Villepoux O., 2006, Le monde des tourbières et des marais, éd. Delachaux et Niestlé, 320 p.
- zones-humides.eaufrance.fr
- crpf-poitou-charentes.fr
- inpn.mnhn.fr
- actu-environnement.com

Accès aux fiches espèces

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Bartsie des Alpes
Bartsia alpina
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Populage des marais
Caltha palustris
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Laîche de Daval
Carex davalliana
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Laîche en étoile
Carex echinata
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Laîche noire
Carex nigra
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Cirse des marais
Cirsium palustre
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Crépide des marais
Crepis paludosa
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Dactylorhize tacheté
Dactylorhiza maculata
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Dactylorhize à larges feuilles
Dactylorhiza majalis
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Epilobe à feuilles d’alsine
Epilobium alsinifolium
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Bruyère à quatre angles
Erica tetralix
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Linaigrette à feuilles étroites
Eriophorum angustifolium
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Gentiane des Pyrénées
Gentiana pyrenaica
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Benoîte des ruisseaux
Geum rivale
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Molinie bleue
Molinia caerulea
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Narthécie des marais
Narthecium ossifragum
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Parnassie des marais
Parnassia palustris
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Grassette à grandes fleurs
Pinguicula grandiflora
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Comaret
Comarum palustre
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Primevère farineuse
Primula farinosa
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Saxifrage faux-Aïzoon
Saxifraga aizoides
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Succise des prés
Succisa pratensis
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Swertie vivace
Swertia perennis
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Tofieldie à calicule
Tofieldia calyculata
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Scirpe cespiteux
Trichophorum cespitosum
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Droséra à feuilles rondes
Drosera rotundifolia
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Epipactis des marais
Epipactis palustris