Tourterelle turque

Streptopelia decaocto

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Tourterelle turque
  • Nom commun : Tourterelle turque
  • Nom latin : Streptopelia decaocto
  • Famille : Columbidés
  • Période d’activité / d’observation : Toute l’année
  • Statut réglementaire : Pas de protection nationale, espèce chassable

Descriptif et particularités

D’allure élancée, la silhouette de la Tourterelle turque évoque souvent celle d’un petit rapace, ce qui lui vaut régulièrement les foudres des passereaux. Elle possède un plumage gris-sable clair. Le dos et les parties supérieures des ailes et la queue sont gris clair chamoisé. Poitrines et abdomen sont légèrement chamois rosé clair. Les ailes présentent un léger dessin écaillé avec des liserés clairs. Sa longue queue est constituée de plumes externes blanches et médianes grises. La tête est claire, gris-sable, avec un demi-collier noir sur la nuque. Le bec est noir, relativement court et fin. Les yeux sont rouge-brun. Les pattes et les doigts sont roses.

Les deux sexes sont semblables. Le juvénile se distingue de l’adulte par l’absence du demi-collier noir.

Habitat et écologie

La Tourterelle turque est une espèce anthropophile sous nos latitudes. Elle occupe les villes, villages et hameaux. Elle vit dans les bosquets, les vergers, les parcs et les jardins…

Espèce essentiellement granivore, elle se nourrit sur le sol mais fréquente volontiers les mangeoires en hiver. Les tourterelles se nourrissent souvent en grands groupes autour des fermes et des stocks de grain. Dès l’arrivée des beaux jours, l’espèce ajoute à son ordinaire quelques fleurs, baies, bourgeons insectes. Elle boit par succion et n’a pas besoin de jeter la tête en arrière pour avaler.

La Tourterelle turque commence à se reproduire début mars jusqu’à fin octobre. Pendant la période nuptiale, le mâle effectue quelques jolis vols depuis un toit, un arbre ou un autre perchoir assez haut. Il s’élève dans les airs et bat des ailes bruyamment, avant de descendre en glissant avec les ailes et la queue déployées. Sur le sol, les deux partenaires sautent en l’air jusqu’à un mètre de hauteur en claquant des ailes et en criant. Ils se poursuivent en vol, se perchent sur les fils et se donnent des "baisers" réciproques sur la tête, le cou et la nuque. L’espèce établit son nid dans un arbre, une haie, un buisson dense ou sur un support artificiel. Le nid, très sommaire, est une petite plate-forme lâche faite de quelques fines brindilles et de tiges sèches. La femelle y dépose par la suite 2 œufs blancs et lisses. Assurée par les deux parents, l’incubation dure environ 14 jours. Les poussins sont nidicoles et sont nourris par les 2 parents avec de la bouillie de graines (lait de pigeon). Les jeunes quittent finalement le nid au bout de 18 à 19 jours après la naissance et peuvent voler à l’âge de trois semaines. La Tourterelle turque peut produire jusqu’à 6 nichées par an.

Répartition en Midi-Pyrénées

La Tourterelle turque, originaire d’Asie (Inde, Sri Lanka…), a colonisé l’Europe au cours du siècle dernier. En France, la région Midi-Pyrénées a été parmi une des dernières occupées par l’espèce. Son installation y remonterait au début des années 70 et ce n’est qu’à partir des années 90 que l’on observe une répartition sur presque tout le territoire (avec cependant des lacunes pour les zones montagneuses). Dès les années 2000, après avoir réussi à combler ses lacunes de colonisation notamment dans le Lot, l’Aveyron et le piémont pyrénéen, l’espèce est considérée comme très commune. Du fait de la présence de nombreuses pratiques agricoles (maïsiculture, élevages de volailles en plein air présence de silos à grains…) elle est très abondante dans le Gers. Les Pyrénées et l’Aubrac semblent être les dernières zones au sein desquelles l’espèce n’est que partiellement présente.

Menaces

Sa capacité de nidification sur des supports artificiels joue un rôle majeur dans la dynamique d’expansion exceptionnelle de la Tourterelle turque, multipliant le nombre de sites et réduisant la compétition intraspécifique. Partout en France, la colonisation l’emporte sur l’extinction locale. Dans le sud-ouest, l’espèce est également toujours en expansion, occupant une niche écologique vacante et profitant largement de l’habitat humain et des pratiques agricoles locales.

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