Trithémis annelé

Trithemis annulata

JPEG - 285.3 ko
Trithémis annelé. Mâle mature. Lavernose-Lacasse (31). Photo P.Grisvard
  • Nom commun : Trithémis annelé
  • Nom latin : Trithemis annulata
  • Famille : Libellulidae
  • Période d’activité / d’observation : fin mai à début novembre
  • Statut réglementaire : Néant

  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Galerie
  6. Cartographie


Descriptif et particularités

D’une longueur totale comprise entre 32 et 38 mm (dont 17 à 29 mm pour l’abdomen), cette libellule est caractéristique par sa couleur vineuse présente sur le front, le thorax et l’abdomen chez les mâles. C’est pour cette raison qu’on l’appelle également Libellule purpurine. Cette couleur résulte d’une pruinosité violacée qui couvre le rouge du thorax et de l’abdomen. Les mâles sont jaunâtres à l’émergence avant d’acquérir leur couleur définitive. La femelle est brun jaunâtre avec des bandes noires sur les côtés du thorax et avec une tache noire médiodorsale sur les 2-3 derniers segments abdominaux. Chez les 2 sexes, une grande tache jaune à orange colore la base des ailes postérieures. Les nervures des ailes sont rouges ou jaunes et les ptérostigmas sont jaunes à rouges bordés par deux lignes noires. Les ailes antérieures sont pourvues de 9½ à 11½ nervures transverses anténodales. Enfin, l’abdomen est assez épais, légèrement déprimé et les pattes sont entièrement noires.

Néanmoins, les mâles matures de cet anisoptère peuvent se confondre avec d’autres espèces comme le Crocothémis écarlate ou encore certains Sympétrum. Le critère concernant le nombre de nervures anténodales permet à coup sûr de différencier ces espèces.

Habitat et écologie

Le Trithémis annelé est peu exigeant en ce qui concerne les milieux aquatiques et fréquente principalement les eaux stagnantes aussi bien naturelles qu’artificielles à basse altitude et bien ensoleillé : étangs, gravières, bassins d’incendie, retenues de barrages, ainsi que les parties très calmes des ruisseaux et rivières (noues, bras morts).

Pour pondre, la femelle vole sur place et rase l’eau avec l’extrémité de son abdomen pour y déposer ses œufs. La phase larvaire dure 7 à 8 semaines et comprend 11 stades. L’espèce est bivoltine (c’est-à-dire deux périodes de reproduction dans une saison) dans certaines zones du bassin méditerranéen comme en Midi-Pyrénées où des exuvies ont été observées en juin et en septembre.

Au bord de l’eau, les mâles se posent fréquemment sur des postes de guet : tiges et branches principalement. Ils prennent d’ailleurs très souvent une pose caractéristique dite de l’obélisque (cf. photo). Les mâles sont territoriaux et chassent énergiquement toute autre libellule s’approchant.

Les adultes peuvent effectuer des déplacements de plusieurs dizaines de kilomètres. Ce comportement permet à cette espèce de coloniser rapidement de nouveaux habitats.

Répartition en Midi-Pyrénées

Le Trithémis annelé est présent dans presque toute l’Afrique et en Asie occidentale. Cette espèce n’est européenne que depuis les années 1970 suite au franchissement de la Mer Méditerranée par quelques individus. Ce phénomène pourrait s’expliquer par le réchauffement du climat ainsi que par la capacité de dispersion importante de l’espèce. La première mention française date de 1989 (Corse). Arrivée en Midi-Pyrénées dans le début des années 2000, l’espèce est maintenant présente dans tout le sud et le sud-ouest du pays. Elle remonte actuellement par la côté atlantique jusqu’en Charente-Maritime.

Le Trithémis annelé est principalement présent en plaine et sur les plateaux, de 50 à 300 m d’altitude environ. Il est absent des secteurs de montagne ainsi que dans le nord de la région. L’espèce est mentionnée dans tous les départements sauf l’Aveyron (mais ça ne saurait tarder). En ce qui concerne le Lot, l’espèce n’est pour l’instant présente que dans l’extrême sud. Elle est considérée comme assez commune dans le Gers, en Haute-Garonne et dans le Tarn-et-Garonne, mais est plus rare en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées et dans le Tarn.

Menaces

En raison de sa forte capacité de colonisation et de ses faibles exigences écologiques, cette libellule n’est pas menacée. Au contraire, sa répartition et ses populations sont en pleine expansion. Ainsi, elle est considérée comme assez commune en Midi-Pyrénées


Rédaction Pierre Grisvard
Dernière mise à jour le 8 janvier 2016