Un poisson dans la mare...

...quand la biodiversité voit rouge !

Dernièrement, le Conseil Général de Haute-Garonne a publié dans le n°126 du Haute-Garonne Magazine, des préconisations quant au problème récent de prolifération potentielle de moustiques tigres dans la région.

L’une de ces préconisations a attiré notre attention et mérite d’être éclaircie : « Introduisez des poissons-rouges dans les bassins d’agréments. » (cf. document joint, ci-dessous)

Les bassins d’agréments et les mares, notamment en milieux urbains, sont des refuges de 1ère classe pour la biodiversité aquatique. Généralement au sein d’un jardin, ils accueillent tout au long de l’année, nombre d’espèces menacées et/ou protégées tels que des amphibiens (tritons, grenouilles, rainette etc.), libellules et autres insectes (gerris, notonectes, moustiques etc.) qui viennent s’y reproduire ou s’y restaurer, assurant l’équilibre de l’écosystème. Un théâtre naturel pour le plus grand plaisir de chacun ! Il suffit d’ailleurs de s’y attarder un peu pour découvrir de multiples scènes.


Acte 1 Scène 1
Dans le meilleur des mondes (celui où l’homme intervient peu), on trouve dans une mare ou un bassin, des mangeurs, et des mangés. Par chance, la nature fait bien les choses : le triton, la notonecte, la larve de libellule mangent de nombreuses larves de moustiques. Ça tombe plutôt bien !

Imaginons maintenant un scénario beaucoup moins bucolique avec pour acteur principal : Bubulle le poisson-rouge !

Acte I Scène 2
Le poisson-rouge est un opportuniste. Dès son arrivée et durant ses 15 années de vie, il se nourrit de tout, mais surtout de ce qui lui apporte le plus !

Avez-vous déjà observé une larve de moustique ? De 2 à 12 mm… maigre repas, comparé à la larve de libellule bien dodue (3-5 cm) ou encore le jeune triton ! Miam… deux prédateurs de moustiques en moins et bonjour les piqures !

Coup de théâtre
Comme la carpe, le poisson-rouge est un poisson fouisseur. Sans cesse en recherche de nourriture, il retourne sans arrêt le fond du bassin, mobilisant ainsi « l’engrais naturel » s’y trouvant… et qui dit engrais dit algues vertes filamenteuses.
Tiens, je vois pâlir le jardinier, imaginant les perspectives de l’Acte II.

Vous l’aurez compris, cette introduction d’espèce n’est pas la plus adaptée pour lutter efficacement contre une potentielle prolifération de moustique au jardin, bien au contraire. Conseillez plutôt au jardinier de veiller aux coupelles de pots de fleurs et autres récipients oubliés… la nature vous remercie.

Mickaël NICOLAS

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