Vautour fauve

Gyps fulvus

Nom commun : Vautour fauve
Nom latin : Gyps fulvus
Famille : Accipitridés
Période d’activité / d’observation : toute l’année
Statut réglementaire : Espèce protégée

Descriptif et particularités

C’est l’un des plus grands rapaces d’Europe, mesurant jusqu’à 2m70 d’envergure. Reconnaissable en vol à sa grande taille, sa queue courte, ses larges ailes bicolores (noir et brun clair). Il se déplace souvent en groupes qui peuvent compter plusieurs dizaines d’individus, c’est d’ailleurs le seul rapace de cette taille aussi grégaire. Sa tête et son cou sont recouverts d’un duvet blanchâtre très court. Autant il peut paraître lourd et pataud au sol, autant son aisance dans les airs est remarquable et lui permet d’utiliser au mieux les courants ascendants. Sa morphologie et son comportement sont ceux d’un charognard, il n’est pas équipé pour tuer, ses serres ne sont pas préhensiles et il n’a pas la vivacité d’un prédateur comme l’aigle royal par exemple.

Habitat et écologie

Son territoire englobe obligatoirement des falaises où il installe son nid, qu’il occupe de la ponte (janvier à mars), jusqu’à l’envol des jeunes (entre juin et aout). A partir du site de nidification, les adultes peuvent couvrir des dizaines de kilomètres, seuls ou en groupe, à la recherche de nourriture. Le vautour fauve est un nécrophage strict, c’est à dire qu’il ne se nourrit que d’animaux morts, sauvages ou domestiques. Occasionnellement, il peut s’en prendre à des animaux très mal en point, blessés, malades ou lors de mise bas difficiles. Douées d’une excellente vue, les vautours repèrent rapidement les charognes et peuvent les faire disparaître totalement en quelques heures. C’est pour cela que le rôle des vautours est fondamental dans la limitation des épidémies chez les ongulés sauvages comme pour le cheptel domestique, car les germes pathogènes sont détruits au passage dans leur estomac hyper-acide, au contraire des divers insectes par exemple qui favorisent leur dissémination. A l’instar des autres charognards (et aussi des prédateurs), les effectifs fluctuent en fonction des ressources alimentaires disponibles.

Répartition en Midi-Pyrénées

Dans les Pyrénées le vautour fauve regagne peu à peu le terrain perdu à cause des destructions (tir, poison) dont il a fait l’objet au XIXe et XXe siècle. A partir d’un noyau résiduel de quelques couples seulement survivant dans les Pyrénées-Atlantiques, il niche maintenant dans la partie occidentale des Hautes-Pyrénées et quelques couples tentent de s’installer plus à l’est en Haute-Garonne, en Ariège et dans l’Aude. Les individus non nicheurs peuvent se rencontrer sur toute la chaîne, y compris le piémont. Les déplacements entre les deux versants des Pyrénées, qui constituent une seule population, sont fréquents. Dans les Grands Causses (Aveyron et Lozère) où il avait complètement disparu au milieu de XXe siècle, le programme de réintroduction initié dans les années 80 a été une totale réussite. A partir des colonies des gorges du Tarn, de la Jonte et de la Dourbie, des individus se dispersent jusque vers les monts de Lacaune ou la Montagne Noire. Par ailleurs, d’autres colonies, issues elles aussi de réintroductions sont maintenant bien installées dans les Alpes du sud (Vercors, Verdon, Baronnies). De fait on note de plus en plus d’échanges entre ces différentes populations, et il est de moins en moins rare d’observer ces oiseaux y compris en plaine.

On estime la population actuelle du sud-ouest à 500 couples dans les Pyrénées françaises et à un peu moins de 300 dans les Grands Causses.

Menaces

Son statut de protection, ne le met pas à l’abri de destruction directes ou involontaires (tir, poison). Par ailleurs plusieurs individus sont découverts chaque année au pied des lignes électriques, victime de collision ou d’électrocution. Le dérangement des sites de nidification par de nombreuses activités humaines (sylviculture, écobuages, survols aériens civils et militaires, escalade, parapentes, chasse…) constitue une menace sur sa reproduction. Malgré le rôle sanitaire et économique, le vautour fauve fait l’objet d’une campagne visant à en faire un prédateur des troupeaux, à tel point que l’on peut craindre une recrudescence des actes illicites destructions, voire d’une modification de son statut de protection. Par ailleurs, du fait de la limitation des ressources en ongulés sauvages (isards soumis à des plans de chasse sévères et bouquetins éliminés dans les Pyrénées, pas d’ongulés dans les espaces ouverts des Grands Causses), le vautour fauve dépend en grande partie aujourd’hui du cheptel domestique qui occupe l’espace, et de la part qu’on veut bien lui laisser.

Fiche rédigée par Jérôme Calas