Vison d’Amérique

Nom commun : Vison d’Amérique
Nom latin : Neovison vison (Schreber, 1777)
Famille : Mustelidae
Période d’activité / d’observation : plutôt crépusculaire, toute l’année.
Statut réglementaire : espèce chassable ( C ) / susceptible d’être classée nuisible (N) / liste rouge non applicable (NA) préoccupation mineure (LC).
  1. Descriptif et particularités
  2. Habitat et écologie
  3. Répartition en Midi-Pyrénées
  4. Menaces
  5. Références citées
  6. Cartographie

Descriptif et particularités

Le Vison d’Amérique a un pelage brun luisant et comporte une tache blanche sur la lèvre inférieure (tache qui s’étend parfois sur la gorge et la poitrine). Son corps est fusiforme, long et mince, avec des pattes courtes et une tête pointue avec de petites oreilles arrondies. Il est un peu plus grand que le Vison d’Europe (poids de 850g à 1,8kg pour les mâles, de 450 à 800g pour les femelles ; longueur du corps de 32 à 47cm pour les mâles, de 32 à 37cm pour les femelles ; longueur de la queue de 13 à 23cm). Les erreurs d’identification sont possibles entre ces deux espèces, mais quelques critères permettent de les différencier (notamment la tache blanche qui chez le Vison d’Europe recouvre les lèvres supérieure et inférieure).

Habitat et écologie

Originaire d’Amérique du Nord, le Vison d’Amérique a d’abord été élevé pour sa fourrure. On le trouve à l’état sauvage car des individus échappés d’élevage se sont acclimatés au milieu naturel. L’espèce est très dépendante des cours d’eau et peut occuper une grande variété de zones humides. Il présente la particularité d’avoir une petite palmure entre les doigts des pattes postérieures, ce qui confirme ses aptitudes de nageur. Il peut néanmoins s’éloigner des cours d’eau et le domaine vital d’un mâle peut s’étendre sur 2 à 3 km linéaires. Le Vison d’Amérique est un animal assez solitaire ; les territoires des deux sexes peuvent néanmoins se recouper. La période de rut s’étend de fin février à début avril. Plusieurs mâles peuvent féconder la même femelle qui aura alors une portée de pères différents. Comme d’autres Mustélidés, le Vison est soumis à une ovo-implantation différée, pour des portées exceptionnellement grandes de 6,7 petits en moyenne. Ils resteront avec la mère pendant environ 10 semaines. La maturité sexuelle est atteinte vers 10-11mois. Les gîtes sont en général des terriers creusés dans les berges, dans des troncs d’arbres ou bien à même le sol. Cette espèce invasive est caractérisée par un régime assez généraliste à tendance terrestre (Rongeurs et Lagomorphes), il peut également se nourrir d’oiseaux aquatiques (Anatidés et Rallidés), d’Amphibiens, poissons, écrevisses américaines (lorsqu’elles sont abondantes), et potentiellement de bivalves. Il occupe la même niche écologique que le Vison d’Europe et est suspecté d’entrer en compétition avec lui.

Répartition en Midi-Pyrénées

De 1926 à 1999, tous les départements de Midi-Pyrénées ont connus les élevages de Vison d’Amérique sauf l’Ariège et le Tarn-et-Garonne. En 1999, trois populations férales étaient recensées en France (Bretagne, Nord de la Charente et le réseau hydrographique de l’Adour). Les actions de suivi ont démontré que l’espèce était bien implantée sur une grande partie du Gers, des Hautes-Pyrénées et en Tarn-et-Garonne. Suite à l’action de sabotage en 2009 qui a relâché volontairement des milliers d’individus dans le milieu naturel, une nouvelle population férale pourrait se constituer dans le Lot. Le dernier élevage de la région (en Aveyron) a été fermé en 2010. L’espèce reste en nette expansion dans notre région.

Menaces

Le Vison d’Amérique peut causer des dégâts, notamment dans les piscicultures et pourrait être une des causes de la régression du Vison d’Europe par compétition et transmission d’une maladie exotique : la maladie aléoutienne. Le Vison d’Amérique peut être une proie des renards et Rapaces. D’autres espèces comme le Campagnol amphibie ou le Putois semblent y être sensible. La meilleure façon de contenir l’extension de l’espèce reste encore de garantir l’arrêt des échappements d’élevages et en fonction des sites et des enjeux, de piéger les individus in natura.

Fiche rédigée par Julien Albert et Hélène Dupuy - mars 2016

Cartographie