Votre demande concerne un reptile ?

Lancée en 2009, l’action « Il y a un serpent dans mon jardin » repose sur l’engagement des bénévoles du groupe herpétologique de Nature Midi-Pyrénées. C’est sur son modèle que s’est développé le pôle de médiation généraliste et, encore à ce jour, il s’agit de la principale activité de médiation de l’association.

Cependant, l’activité de médiation côté « herpéto » est loin de se limiter aux serpents ! D’autres reptiles ou amphibiens, tels que la Tarente de Maurétanie mais aussi les grenouilles, crapauds, salamandres et autres tritons, font l’objet de questionnements de la part du grand public. Retrouvez ci-dessous les fiches espèces « Reptiles & Amphibiens », tous les conseils de nos médiateurs ainsi que des informations sur certains projets spécifiques que nous menons.

En France métropolitaine, l’ensemble des reptiles est protégé par la loi, par l’Arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection

1. Accueillir la faune sauvage chez soi

Comme pour tous les groupes faunistiques, les reptiles ne fréquentent pas tous les mêmes milieux : certains affectionnent les milieux aquatiques, d’autres les milieux terrestres (qui peuvent être plus ou moins humides, plutôt boisés, plutôt rocailleux, plutôt anthropiques…).

Pour favoriser le maximum de biodiversité chez vous, vous pouvez mettre en place trois types d’aménagements :
- une mare, qui permettra à certaines couleuvres (et avec de la chance à des tortues aquatiques) de s’y installer. Cela peut permettre à d’autres animaux, comme des libellules ou d’autres insectes, d’être aussi présents.
- un milieu plus sec (et exposé au soleil), correspondant à un muret en pierres sèches, un tas de bois et un tas de fumier ou de compost. Il fera à la fois office de milieu de thermorégulation, et de milieu de ponte pour ces reptiles. On pourra également y trouver des mammifères, comme le hérisson qui s’en servira comme lieu de vie, d’hibernation, et comme nid.
- une zone d’herbes hautes (une « mini-prairie ») entre les deux aménagements précédents, permettant à la fois d’avoir une biodiversité liée au milieu (papillons, coccinelles…), mais également de permettre aux animaux de se déplacer entre la mare et le milieu sec, en restant cachés de leur prédateur.

Vous pouvez consulter notre page dédié à l’aménagement d’une mare. Pour l’abri à reptile (le milieu plus sec), vous pouvez trouver ce document, élaboré par l’association L’Aude au Nat’ et la Fédération Aude Claire.

2. Cohabiter avec la faune sauvage

« Que fait ce gecko exotique chez moi ? »

Pas de panique ! Les geckos, ces sortes de « lézards à ventouses » qui peuvent marcher sur des surfaces lisses ou au plafond, ne sont pas tous des espèces exotiques, et ne vivent pas que dans les pays tropicaux. La France compte 3 de ces espèces, qui vivent naturellement autour du bassin méditerranéen. En région Midi-Pyrénées, seule la Tarente de Maurétanie (Tarentola mauritanica) est présente. A l’origine, on la retrouvait uniquement en Languedoc-Roussillon, PACA et Corse. Elle a probablement était introduite par les activités humaines : transport par voies routières, ferroviaires, fluviales, de matériaux de construction ou de plantes (dans lesquels pouvaient aussi se trouver des œufs)… Ses mœurs anthropophiles (pouvant vivre proche de l’Homme) lui ont permis de s’installer durablement dans certaines villes, notamment à Toulouse. Vous la rencontrerez le plus souvent de nuit, sur un mur, à proximité d’un lampadaire. Espèce insectivore, elle se sert de ces lampadaires comme garde-manger, car véritable piège à insectes. C’est donc un précieux allié qui peut limiter la présence de moustiques, ou d’araignées. Vous n’avez donc rien à craindre si un individu entre par mégarde chez vous par une fenêtre que vous avez laissé ouverte.

3. Porter secours à la faune sauvage en détresse

« Je vois souvent des animaux écrasés sur la route. Que faire ? »

Plusieurs espèces de reptiles affectionnent le bitume pour prendre un petit bain de soleil ou profiter de la chaleur stockée, avant de repartir en chasse ou à ses occupations. Ce bitume emmagasine la chaleur en journée, et peut la restituer jusqu’à tard le soir. Il n’est donc pas étonnant d’observer un serpent de nuit l’été, en plein milieu de la route. Malheureusement, pas grand-chose à faire, à part scruter la route et limiter sa vitesse. Si vous en observez un et que vous pouvez vous arrêter (sans vous mettre en danger !), vous pouvez le pousser un peu avec un bâton pour le faire sortir de la route.

« Un animal est tombé dans ma piscine, ou dans un trou, et ne peut plus sortir. »

La méthode la plus simple est d’utiliser une épuisette, ou un objet sur lequel l’animal peut s’accrocher, sans se blesser (comme un balai), pour le sortir vous-même. Si vous voulez le sauver, mais que vous ne souhaitez pas trop vous en approcher (par crainte ou par phobie), disposez un système lui permettant de sortir de lui-même (comme un tapis à moitié immergé). Un système a spécialement été élaboré pour répondre à cette question. Vous pouvez vous baser sur celui-ci pour créer le vôtre : http://www.froglog.us/The-FrogLog-Critter-saving-Escape-Ramp.html.

Pour toutes les cavités desquels un animal peut rester coincé (type regard d’eaux pluviales), pensez à les condamner pour éviter que l’animal y pénètre, ou disposer un système permettant à celui-ci de sortir seul.

« J’ai trouvé un animal blessé, et je ne sais pas quoi faire. »

Contrairement aux oiseaux ou aux mammifères, un jeune reptile est totalement indépendant une fois né. S’il est trouvé affaibli ou blessé, il a donc moins de chance de s’en sortir qu’un oisillon tombé du nid, ou qu’un lapereau qui semble abandonné. Si vous souhaitez le sauver, contactez le centre de soins le plus proche de chez vous.

4. Halte aux idées reçues !

« Un lézard vert qui mort ne vous lâchera plus, il faut lui couper la tête pour s’en débarrasser ! »

Comme tout lézard en France, le lézard vert est totalement inoffensif. Pour se faire mordre, il faut vraiment le chercher ! C’est une espèce très méfiante, qui fuit rapidement. Sa capture est donc une prouesse ! Et si capture il y a, il va se défendre (comme tout animal) en mordant. Il suffit d’attendre quelques secondes en le posant au sol, et il lâchera tout simplement avant de prendre la fuite ! Pour rappel, les lézards sont des espèces protégées : leur manipulation et leur destruction est strictement interdite.

« Les reptiles ne servent à rien ! »

Souvent considérés à tort comme signe d’un milieu sale ou pauvre, ils peuvent être de précieux alliés ! En effet, ils sont quasiment tous insectivores ou carnivores (les tortues peuvent consommer des végétaux et des fruits). Ils ont ainsi un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes, régulant les populations de rongeurs et d’insectes. Ils peuvent également se réguler entre eux : certains serpents consommant des lézards, voire d’autres serpents ! Ils servent aussi de nourriture à de nombreux autres animaux, notamment les rapaces diurnes, et les mammifères carnivores. La présence de reptiles est donc signe d’un milieu riche, et bien équilibré !

« Les serpents sont froids et visqueux ! »

On apprend effectivement à l’école que « les reptiles ont le sang froid ». Ceci n’est pas toujours vrai. A la différence des mammifères, les reptiles n’ont pas une température corporelle fixe, ils la régulent en fonction de celle de l’environnement (on dit qu’ils sont ectothermes). Lorsqu’il fait frais, ils ont effectivement le sang froid, mais quand la température de l’air augmente, la leur augmente également. Si les amphibiens (grenouilles, crapauds et autres salamandres) peuvent parfois être visqueux, du fait de la production d’un mucus protégeant leur peau nu, les reptiles ne le sont en aucun cas, possédant pour leur part des écailles sèches dépourvues de glandes cutanées. Cette idée reçue peut venir du fait que certains serpents (comme la couleuvre d’Esculape) peuvent présenter un aspect luisant.

« Plus il fait chaud, plus il y a de serpents ! »

Encore une idée reçue due à leur mode de régulation de la température corporelle. Pour éviter la surchauffe (ils ont comme nous une limite de température au-delà de laquelle ils meurent) pendant les périodes de grosses chaleurs, ils cherchent à tout prix la fraicheur, d’où le fait qu’on peut les rencontrer plus facilement à proximité des habitations, et l’impression que vous en voyez plus que d’habitude. Dans la nature c’est l’inverse : quand le temps est plus « frais », ils seront plus visibles, cherchant la chaleur du soleil au sommet d’un muret ou d’un tas de bois, ou au milieu de la route. Par temps chaud, ils restent bien cachés à l’ombre des buissons.