Votre demande concerne un mammifère ?

Tout comme les autres groupes, nos confrères mammifères se retrouvent fréquemment dans notre entourage immédiat : chevreuils et renards dans le petit bois où l’on va se promener en famille, taupes et hérissons dans le jardin, fouines ou lérots dans le grenier…

Toutes ces situations engendrent de nombreuses questions et de potentiels conflits que nos médiateurs feront leur possible pour désamorcer. Retrouvez ci-dessous tous nos conseils, ainsi que les fiches espèces « Mammifères ».

Contacter le pôle de « Médiation faune sauvage »

Nature Midi-Pyrénées – 18 rue de Tivoli – 31000 Toulouse 09 67 03 84 07 (permanence du lundi au vendredi) ou mediationfaune@naturemp.org

Différentes actions ont déjà été mis en place et d’autres sont à venir :

Les mammifères de Midi-Pyrénées

Que faire si… : les conseils du médiateur mamm

  1. Accueillir la faune sauvage chez soi
  2. Cohabiter avec la faune sauvage
  3. Porter secours à la faune sauvage en détresse
  4. Halte aux idées reçues !

Accueillir la faune sauvage chez soi

" Comment favoriser la présence de chauves-souris ? "

Il est possible de réaliser certains aménagements en faveur des chauves-souris. Cependant, gardez à l’esprit qu’il peut être difficile d’obtenir l’installation de ces espèces dans vos combles si une colonie ne les fréquente pas déjà.

  • Créer et maintenir des ouvertures sur combles ou caves, suffisamment étroites pour être inaccessibles aux prédateurs tels que les fouines ou les chats.
  • Réserver des espaces libres et rugueux pour leur installation : linteaux, fissures de façades…
  • Installer des gîtes artificiels ; des modèles sont disponibles sur notre site, ainsi que sur celui du CEN Midi-Pyrénées.
  • Créer une mare, planter un verger et des haies d’essences locales, et ne pas utiliser d’insecticide. Pour plus d’informations et de conseils, n’hésitez pas à contacter un chiroptérologue du CEN !

" Comment favoriser la présence de hérissons ? "

Pour favoriser ces sympathiques insectivores, auxiliaires du jardin, vous pouvez suivre ces quelques conseils :

  • Laisser un tas de feuilles mortes, de bois ou de compost au fond du jardin, planter des haies d’essences locales ou mettre en place un muret de pierres sèches, autant d’installations qui pourront servir d’abris au hérisson.
  • Ne pas clôturer hermétiquement son jardin pour laisser le passage vers d’autres surfaces vertes.
  • Ne pas utiliser d’insecticide ou d’herbicide ; ne pas leur laisser à disposition du lait qui les rend malades mais plutôt proposer une gamelle d’eau par temps sec.

" Comment empêcher mon chat de tuer des oiseaux et des souris ? "

Le comportement de chasse et de prédation est naturel chez les chats, mais il est possible de le restreindre en proposant à votre animal domestique d’autres activités et des jeux pour le stimuler. Les chats castrés sont plus sédentaires que ceux qui ne le sont pas, et leurs impacts sur la faune seront donc plus circonscrits. Limiter leurs sorties, notamment le soir et à la période où les jeunes oiseaux s’envolent (reconnaissable aux cris d’alerte des adultes), est également une solution pour préserver la petite faune de votre jardin. Enfin, si votre grenier abrite chouettes ou chauves-souris, ou si vous avez placé des mangeoires ou des nichoirs dans votre jardin, assurez-vous que les chats n’y aient pas accès, sous peine que vos aménagements se transforment en véritables pièges pour la faune sauvage.

Cohabiter avec la faune sauvage

" Les chauves-souris peuvent-elles occuper les bâtiments ? "

Certaines espèces anthropophiles fréquentent les bâtiments, notamment les greniers et les combles en été. Mais ces mammifères ne « pullulent » pas : les femelles se rassemblent en colonies l’été et chacune met bas un seul jeune par an. Elles ne construisent pas de nid et ne rongent pas les matériaux. La journée, elles occupent des « gîtes » et les seules traces d’occupation sont leurs déjections. Certaines espèces se logent dans des fissures et d’autres dans des pièces volumineuses, suspendues au plafond ou aux poutres de charpente. Elles peuvent occuper les lieux suivants : toiture, charpente, combles, fissures de façades, volets à battants, linteaux de porte-fenêtre, cheminée, cave ou autres pièces du sous-sol.

" Comment cohabiter avec des chauves-souris ? "

En cas de présence de chauves-souris, il faut éviter au maximum de déranger et de modifier l’habitat de ces espèces protégées, que ce soit en été lors de l’élevage des jeunes ou en hiver lors de leur hibernation. Si vous avez prévu des travaux, évitez de les faire en période de présence des chauves-souris et évitez toute modification de leur habitat (accès, conditions lumineuses, thermiques, traitements de charpente…). Pour minimiser la gêne occasionnée par leurs crottes, vous pouvez protéger le sol d’une bâche en plastique. Leur guano inodore peut alors être nettoyé une fois par an et servir d’engrais naturel très concentré pour les plantes du jardin, après avoir été dilué 10 fois.

" Quel est ce bruit que j’entends la nuit dans mon grenier ? "

Il s’agit souvent d’un rongeur (loir, lérot ou encore écureuil) ou d’une fouine, qui s’installe volontiers dans les bâtiments et peut occasionner des dégâts dans l’isolation. Si le dérangement devient trop important, il faut repérer les ouvertures par lesquelles les animaux passent, attendre qu’ils soient sortis puis reboucher les ouvertures. Attention, cette opération est à réaliser à l’automne, une fois que les jeunes sont indépendants et ont quitté les lieux, et après avoir installé un gîte artificiel (par exemple, de type nichoir à oiseau) plus loin dans le jardin. Pour prévenir leur installation, il est également possible d’élaguer toutes les branches à proximité du toit, de barrer tout accès aux combles et au cellier et d’enfermer hermétiquement la nourriture. Quel que soit l’animal en question, le poison est à proscrire en raison de son impact désastreux sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

" Que faire pour ne plus avoir de souris chez moi ? "

Lorsque vous retrouvez des souris ou autres rongeurs dans votre maison, le premier réflexe est d’enfermer hermétiquement toute nourriture susceptible de les attirer, par exemple dans des bocaux en verre. Vous pouvez également chercher leurs voies d’accès pour les colmater. Si la cohabitation avec la faune sauvage ne vous convient absolument pas, les tapettes se révèlent efficaces pour limiter leur population mais, dans tous les cas, le poison est à proscrire : il tue non seulement les rongeurs ciblés mais également les autres granivores du jardin (écureuil, rouge-gorge…) ainsi que leurs prédateurs (renard ou même le chat de la maison !).

" Comment protéger mes poules des prédateurs ? "

Le renard et la fouine ne prélèvent que le nombre de poules nécessaires à leur alimentation. Les « frénésies » meurtrières parfois constatées viennent bien souvent de chiens échappés ou errants qui ont d’autres sources de nourriture, même s’il arrive aux fouines de tuer plus de poules que nécessaire dans un lieu confiné, en raison de leurs mouvements de panique. Pour empêcher les prédateurs de pénétrer dans votre poulailler, les solutions sont nombreuses : enfermer vos poules dans un bâtiment clos la nuit, enterrer du grillage fin autour du poulailler sur au moins 30 cm de profondeur, placer un filet au-dessus du poulailler et élaguer les branches alentours, avoir un chien (bien éduqué) comme dissuasif…

" Comment protéger ma pelouse des « trous de taupe » ? "

Contrairement à ce qu’on pense souvent, les « trous » dans les pelouses ne viennent pas toujours des taupes : dans les cas où on peut voir une ouverture associée à une galerie en surface, il s’agit certainement de campagnols. Pour les déloger, il est possible de reboucher systématiquement les trous, ce qui les fera s’installer plus loin. Par contre, dans le cas des taupes, le tumulus provient de la terre excédentaire de leurs galeries : si la terre est tassée, la taupe va le recréer à son prochain passage. La solution est alors de récupérer la terre en surface sans boucher la galerie ; cette terre riche et aérée pourra être utilisée dans des pots de fleurs ou pour les légumes du potager (que la taupe, insectivore, ne risque pas de consommer !).

Porter secours à la faune sauvage en détresse

" Que faire d’un jeune mammifère « abandonné » par ses parents ? "

Les espèces comme le chevreuil ou le lièvre ne font pas de nid : leurs jeunes restent au sol et utilisent de simples renfoncements pour se cacher. Un jeune à terre qui ne bouge pas n’est donc pas abandonné ou affaibli : il se camoufle simplement et ses parents viennent le nourrir régulièrement. Il doit être laissé sur place, même si on l’a manipulé au préalable : contrairement à l’idée reçue répandue, un jeune touché par l’homme ne sera pas abandonné ensuite à cause de notre odeur ! Dans le cas de micromammifères, tels que la musaraigne, le mulot ou le hérisson, dès lors que les jeunes ont des dents et sont recouverts de poils, ils sont totalement autonomes et n’ont pas non plus besoin d’être aidés. Si toutefois vous trouvez un jeune mammifère qui vous semble abandonné ou blessé, n’hésitez pas à contacter le centre de sauvegarde de la faune sauvage le plus proche !

Halte aux idées reçues !

" Les chauves-souris sont-elles dangereuses pour l’Homme ? "

Contrairement à l’idée reçue répandue, les chauves-souris ne s’accrochent pas dans nos cheveux : en effet, leur système d’écholocation est très précis et leur permet de nous repérer et d’éviter ce genre de « bourde ». De même, les espèces présentes en France ne transmettent pas de maladies et ne se nourrissent pas de sang : elles sont strictement insectivores et un seul individu peut chasser jusqu’à 7 000 moustiques en une nuit ! Loin de représenter un danger pour nous, les chauves-souris se révèlent ainsi de précieux auxiliaires lors des soirées d’été.