Vautour percnoptère

Neophron percnopterus

Nom commun : Vautour percnoptère
Nom latin : Neophron percnopterus
Famille : Accipitridés
Période d’activité / d’observation : De mars à septembre
Statut réglementaire : Espèce protégée et bénéficiant d’un plan national d’action (PNA

Descriptif et particularités

Le vautour percnoptère est grand, avec son envergure allant jusqu’à 1m70.

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Vautour percnoptère
(Neophron percnopterus)

Néanmoins, c’est de loin le plus petit des vautours européens. Reconnaissable en un coup d’œil, sa silhouette en vol avec sa queue cunéiforme, ses ailes rectangulaires et ses « doigts » bien marqués (ou digitations), est caractéristique. L’adulte est blanc et noir, rappelant la combinaison de couleurs de la cigogne blanche. Sa tête est dégarnie et jaune. Le plumage du juvénile est très différent puisque il est uniformément sombre. Les oiseaux immatures restent sur leurs sites d’hivernage africains pendant plusieurs années et sont très rarement observés en France. Il faut 5 années au Vautour percnoptère pour devenir adulte. Mâle et femelle sont indifférenciables visuellement.

Ecologie

Ce vautour, se démarquant à nouveau des 3 autres espèces françaises, est un migrateur au long court. Il hiverne à 3500 km au sud des Pyrénées, au Mali, en Mauritanie et au Sénégal. Certains oiseaux tendent à être de plus en plus sédentaires et des hivernages sont maintenant signalés dans la péninsule ibérique. Fidèle à son site de reproduction, les vautours percnoptères reviennent en France essentiellement à partir de début mars (quelques rares mentions en février et même fin janvier).

Très exigeant dans ses habitats de nidification, il va ériger son nid dans une haute falaise, souvent au niveau d’une cavité. Pour s’alimenter, il parcourt de grandes distances et va rechercher les vastes espaces ouverts, notamment les parcours de pâturage. Le grand départ pour l’Afrique a lieu en septembre. Les mentions d’octobre sont exceptionnelles.

Reproduction

De retour de leurs quartiers hivernaux, les couples vont parader et construire leur nid au cours des mois de mars et avril. La femelle va pondre en général deux œufs vers la seconde moitié d’avril. Les poussins apparaissent dès la fin mai après une période d’incubation d’environ 42 jours. Ils leur restent à passer environ 75 jours au nid avant de prendre leur premier envol. Après quoi, les parents vont encore continuer à les alimenter pendant plus d’un mois. Le Vautour percnoptère ne produit, au mieux, qu’un à deux jeunes par année.

Alimentation

Bien que son régime alimentaire soit plus large que celui des autres vautours, le Vautour percnoptère n’en demeure pas moins difficile… charognard, il va consommer les parties molles des cadavres. C’est également un chasseur qui attrape les petits vertébrés et les invertébrés au sol. Il apprécie aussi les œufs et… les excréments !

Répartition

Le bastion européen de l’espèce se situe dans la péninsule ibérique avec près de 1400 couples. Actuellement en France, le percnoptère niche des Pyrénées jusqu’aux Alpes de Haute-Provence. On considère qu’il est divisé en deux noyaux de populations : l’une, principale, sur le versant nord pyrénéen avec 72 couples (2013) et une autre plus fragmentée allant de l’Hérault aux Alpes avec 21 couples (2013). L’Occitanie renferme dorénavant environ 85% de la population française. Il y a encore un siècle, il occupait une zone bien large et nichait, en limite nord, aux portes de Genève… Au niveau pyrénéen, les ¾ des effectifs se situent sur la partie occidentale de la chaîne, même si on assiste à un étalement progressif sur l’ensemble du massif depuis quelques décennies avec la recolonisation de la partie orientale.

Menaces

Le vautour percnoptère, à l’échelle mondiale et européenne, accuse une baisse de ses effectifs. En France, la population est relativement stable depuis une dizaine d’années, grâce aux efforts de conservation dont bénéficie l’espèce. Le petit vautour était au plus bas dans les années 60, et même, si le nombre d’individus a progressé depuis 50 ans, la partie méditerranéenne, alpine et la vallée du Rhône n’ont jamais retrouvé les effectifs du début du XXème siècle.

Plus qu’une seule menace, c’est une combinaison de facteurs qui est la cause globale du déclin du percnoptère. En premier lieu viennent les empoisonnements (pesticides et vermifuges), la diminution de la ressource alimentaire, les collisions et électrocutions avec les infrastructures humaines. Ces causes impactent directement les adultes, ce qui est particulièrement dommageable pour une espèce longévive et peu productive comme le percnoptère. Le dérangement sur les sites de reproduction est également une menace non négligeable influant directement sur la productivité en jeune. Enfin, la dégradation des habitats sur ses sites de migration et d’hivernage, bien que difficile à évaluer, joue sans doute un rôle très négatif.

Pour aller plus loin, cliquez ici.
Nature En Occitanie coordonne le volet technique à l’échelle pyrénéenne pour préserver le Vautour percnoptère. Ce travail est réalisé avec différents acteurs intra et extra régionaux qui animent également le Plan National d’Actions en faveur du Vautour percnoptère.

Fiche rédigée par Ghislain Riou

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